Par Margot Morin, Sarah Traq, la Fabrique de l’Info, lycée Grandmont, 27/05/2021.

Grâce aux réseaux sociaux, notamment Snapchat et twitter, des bandes de jeunes diffusent des vidéos sur leurs affrontements à Tours. Pour les jeunes, ces images servent à provoquer, à montrer sa force. La justice s’en sert de preuves et de témoignages pour identifier les agresseurs.

« Les réseaux sociaux sont un facteur aggravant des violences entre bandes rivales », a expliqué Grégoire Dulin, procureur de la République à Tours, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue au lycée Grandmont le 12 mai. Ces affrontements, qui durent depuis quelques mois, concernent des jeunes, pour la plupart des mineurs entre 11 et 17 ans. Le plus souvent, ces conflits opposent des bandes du Sanitas à Tours, et de La Rabière à Joué-lès-Tours. Parfois aussi entre des groupes de Tours nord et La Riche ou encore Saint Pierre des corps et le Sanitas.

La plupart des rixes sont filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, principalement sur Snapchat ou Twitter. A l’image, par exemple, un jeune de 16 ans est tabassé par un adolescent du même âge, accompagné de sa bande. On voit clairement que les garçons qui accompagnent l’agresseur l’encouragent tout en le filmant.

Vidéo difficile à effacer

Comme dans le cas de cette agression, la plupart des lieux où se produisent les rixes ne possèdent pas de caméras de vidéosurveillance. Ces films deviennent une preuve pour les policiers qui s’en servent pour identifier les coupables lorsqu’elles sont diffusées.

Les auteurs pourraient avoir envie de cacher leurs méfaits ? Selon le procureur, ces vidéos sont un moyen de provocation envers les bandes rivales, l’expression d’un rapport de force, et une forme d’orgueil pour certains. Les jeunes vivent et existent à travers ces vidéos. Sans les réseaux sociaux, les bandes seraient moins connectées. Et peut-être aurait-on moins d’affrontements ?

Malheureusement la suppression de ces vidéos sont rares et complexes à obtenir pour les forces de l’ordre. Grégoire Dulin explique que les enquêteurs mobilisés par la surveillance des réseaux sociaux visent les contenus terroristes et la lutte contre la pédopornographie. D’autre part, les plateformes ne sont pas toujours très réactives. Face à cette difficulté, le procureur de Tours et la police nationale ont seulement réussi à supprimer la photo d’une tête ensanglantée.

violence

Source : twitter, rixe entre deux bandes.