Par Sofia Hassani & Melody Hennequin, la Fabrique de l’Info, lycée Grandmont, 20 Mai 2021.

Deux quartiers, le Sanitas en centre-ville de Tours, et La Rabière, à Joué-lès-Tours, sont en rivalité depuis plusieurs années. En recrudescence, les affrontements entre bandes pourrissent la vie des habitants, des victimes de ces agressions, mais aussi celle des agresseurs.

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Quartier du Sanitas, proche du centre ville et où même le tram y passe.Source : La Nouvelle République

 

Rivalité de territoire ou pour une conquête féminine, trafic de stupéfiants ou question d’orgueil : les motifs des affrontements entre bandes sont vastes et parfois ridicules. Pourtant ce fléau a vécu quelques flambées ces derniers mois à Tours.

Le plus souvent, les deux quartiers qui s’affrontent sont celui du Sanitas, proche du centre ville, et celui de la Rabière, à Joué-les-Tours.

Sur fond de vieille rivalité, des adolescents prennent la relève « des grands frères », déplore Grégoire Dulin, procureur de la République de Tours, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée au lycée Grandmont. « Parfois, les raisons de ces actes violents sont insignifiantes, les auteurs eux-mêmes ne les connaissent pas vraiment », ajoute le magistrat.

Enclavés dans des zones sensibles, souvent issus de familles monoparentales, leur entrée dans la vie n’a pas été facile. Point commun à ces jeunes qui veulent en découdre, « le décrochage scolaire », constate le procureur Grégoire Dulin. Il n’aide en rien ces jeunes livrés à eux-mêmes dans la rue, qui cherchent à tuer l’ennui.

 Souvent des décrocheurs

Ces adolescents, âgés de 11 à 17 ans, se servent des réseaux sociaux pour se donner rendez-vous. Le lieu de rencontre est souvent neutre, proche des voies du tram, afin d’y accéder rapidement mais également pour s’enfuir vite en cas d’arrivée des forces de l’ordre. Ces rixes d’une violence inouïe se déroulent avec différents types d’armes partant de la batte de baseball jusqu’à la barre de fer en passant par les armes blanches (lames, cutters, couteaux).  Après ces affrontements, la police ne retrouve pas les bagarreurs, d’autant que certains viennent seulement pour filmer les « exploits » de leurs camarades.

Yassine, 17 ans, réside dans le quartier de La Rabière à Joué-lès-Tours depuis sa naissance. « J’ai grandi en voyant de la violence autour de moi. Mon grand frère a versé dans la délinquance. Moi honnêtement cela ne m’a jamais intéressé, même si des potes sont déjà allés se battre avec le quartier ennemi. Quand je leur demande pourquoi, ils ne savent même pas. Ils me disent que c’est comme ça, et qu’ils défendront l’honneur de leur quartiers coute que coute. Que dire ? C’est triste, ils gâchent leur vie... ».

Les forces de l’ordre prennent ces actes très au sérieux afin de limiter aux maximum l’essor de la délinquance dans la métropole. Le Procureur les condamne avec fermeté. Depuis le mois de février, cinq affaires ont étés menés à terme par le parquet. Pour l’instant, ces faits sont en diminution, et cela devrait continuer car la justice ne cédera pas, prévient le procureur.

 

Source: France Bleu