Par Laura Courant, la Fabrique de l’Info, lycée Grandmont, 10/05/2021.

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La distribution de colis alimentaire par l'association étudiante Les Halles de Rabelais à la Maison des associations de Grandmont à Tours. • © Marine Rondonnier-FranceTV, Indre et Loire Tours

 

SI les plus âgés sont les plus frappés par le coronavirus, les plus jeunes sont victimes de la crise économique qu’il a engendrée.

 

Face à la situation actuelle, certains jeunes font face à de sérieuses difficultés financières. La crise économique engendrée par la pandémie du Covid 19 a fait augmenter la pauvreté en France et les associations humanitaires constatent que de nouveaux profils ont recours à l'aide alimentaire : ce sont les moins de 30 ans qui sont le plus affectés en France. "Les personnes âgées ont payé les plus lourdes conséquences du coronavirus en matière de santé, les jeunes vont subir l'essentiel de ses retombées économiques", a déclaré jeudi Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, dont le siège social est à Tours.

Difficultés de formation, obstacles à l’insertion dans un marché du travail déprimé et où les entreprises sont dans l'incertitude quant à leur avenir, précarité plus importante des parents : les jeunes sont les principales victimes de cette situation, constate le sociologue. Leurs études sont très souvent rallongées voir interrompues.

Phénomène mondial

De plus, d’après l’Organisation internationale du travail, un jeune sur six a perdu son emploi. Et s'ils ont conservé leur poste, ils ont subi, en moyenne, une perte de 23 % de leur temps de travail, et donc de leur salaire.  « Nous risquons de voir apparaître un large réservoir de jeunes qui ne sauront où aller pour s'intégrer dans l'emploi », alertait récemment dans les Echos Guy Rider, le directeur général de l'OIT.

En outre, plus de 50% des jeunes auditionnés lors d'une enquête parlementaire sont inquiets sur leur santé mentale, 30% ont renoncé à l’accès aux soins pendant le Covid-19 faute de moyens… En effet, ils subissent non seulement une précarisation économique mais aussi toute une série de ruptures scolaires, affectives, psychologiques. La hausse du coût de la vie et les suppressions d’emploi dues à la crise font reculer le niveau de vie des étudiants. Beaucoup renoncent à des soins ou à des achats de première nécessité pour des raisons financières.

Le quotidien La Nouvelle Republique du Centre-Ouest raconte une distribution de différents produits à destination des étudiants, organisée le 29 avril devant la faculté de pharmacie à Tours. "C’est vraiment bien d’organiser ce type d’action, en particulier avec la crise sanitaire et les difficultés pour trouver un job en parallèle des études", pense Ronan, étudiant à l’université de Tours. "On donne en fonction de la demande, il n’y a pas de limite prédéfinie à ce que l’on peut donner", explique Inès Bouhar, présidente de Lafi Bala, une association pour les étudiants. "Personne n’abuse de ce système. On a pas mal de produits donc on essaye de proposer plus de choses aux gens qui viennent, même s’ils ne le demandent pas », ajoute-t-elle.

Pour préparer cette distribution, l’association étudiante avait organisé deux collectes dans des supermarchés de la ville. Ses bénévoles ont compté sur la générosité et les dons des clients à la sortie des magasins.

Beaucoup d’étudiants se sentent mis de côté, oubliés. A l’Université, ils ne sont pas vraiment suivis par les profs de la Fac. Beaucoup perdent donc toute motivation. Au-delà du bilan sanitaire, cette crise du Covid-19 aura fait augmenter les inégalités. Selon le journal Les Echos, "La France a engagé des mesures d'urgence en faveur de l'apprentissage, bientôt suivies d'un plan complet pour la jeunesse". Reste à voir si les étudiants en difficulté en verront les effets.

 

 

La Fabrique de l'Info, activité pédagogique de la spécialité HGGSP, animée et encadrée par Stéphane FRACHET , journaliste aux Échos et au Parisien et Gérard Urvois professeur de la discipline.